Jean-Pierre Revel

« Regards de ma salle d’attente » - On aime : sa vision humaniste…

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Copyright © 2014 – Jean-Pierre Revel


Les 3 questions Conf' à Jean-Pierre Revel

 

1Pourriez-vous nous donner le plus de détails possible sur la genèse de ce portfolio ?
« Dans leur salle d’attente, deux milliards d’hommes »*
Sur les murs de l’été 1977, une affiche.
La photo en noir et blanc d’un enfant, probablement vietnamien, derrière des barreaux d’un petit lit-cage et au bas, cette phrase qui s’étalait en grand. Comment ne pas succomber à un slogan pareil ? Quand on est un jeune médecin, aussi peu intéressé par la perspective d’ouvrir un cabinet et d’y faire son trou qu’il est possible de l’être quand on n’a pas encore trente ans, on va voir de quoi il retourne. C’est ce que j’ai fait. Je n’en suis jamais revenu.
Ces deux milliards d’hommes qu’on me promettait dans la salle d’attente, je n’en aurai vu qu’une infime partie, dans tous les états et de toutes les couleurs. Parfois le « Colloque singulier » qui nous réunissait se prolongeait le temps d’une petite photo. Clin d’œil – éclat de mémoire à emporter ou constat d’impuissance devant une douleur qui nous dépasse et qui demeure ? Va savoir…
Quelles que soient l’ardeur et le talent de nos amantes, nous sommes quelques-uns à avoir dormi aussi avec des fantômes, et ce pendant longtemps. Pas toujours malveillants, ces fantômes, loin de là, mais qui revenaient dans notre sommeil, comme pour nous demander « T’es encore là ? » Ou bien « Qu’as-tu fait pendant ce temps ? » Et la nuit passait en silence…
Petit à petit, les photos se sont accumulées et, patiemment, ont attendu. En voici quelques-unes. Autant de morceaux d’histoires individuelles, de vie quoi ! Avec le temps, elles sont apparues pour ce qu’elles étaient : les portraits de quelques-uns de mes fantômes. Ils furent des êtres avant de passer dans notre mémoire et d’y rester, faute de trouver une place dans l’histoire… Dommage qu’ils ne puissent pas parler et nous raconter la leur d’histoire. Tellement attachante, à vous de l’imaginer !
*Slogan d’une des premières campagnes d’affichage de Médecins Sans Frontières.
2 Qu’auriez-vous envie de dire au public des Conf’ pour présenter cette série ?
Toutes ces photos viennent de contextes où j’ai travaillé entre 1978 et 2000 ; nous étions alors entre deux mondes, deux époques. Situations d’urgence, parfois (parce que brèves en général), chroniques le plus souvent, quand le quotidien de la vie avait repris ses droits.
Mais laissons parler les images et je suis là pour répondre à vos questions…
3 Qu’auriez-vous envie de dire au public des Conf’ pour vous présenter ?
Bipède, plantigrade, omnivore, docteur en médecine, voyageur et photographe, depuis pas mal d’années…
Bien que prétendument du genre « sapiens-sapiens », complètement sourd dès qu’il s’agit d’informatique (désolé pour les Geeks, la conversation risque de s’arrêter très vite…) Pour les autres, si on ne s’est pas déjà rencontrés quelque part, alors je suis ravi de faire votre connaissance !