Comité International de la Croix Rouge (CICR)

Présence du CICR dans cette contrée aride, en proie à la sécheresse et à la famine. Beaucoup de nomades ont perdu tout leur bétail. Les plus chanceux ont encore quelques vaches, des chèvres voire un chameau. Certains ont vu mourir leurs enfants et d'autres êtres chers.

Ethiopie : Gode. Présence du CICR dans cette contrée aride, en proie à la sécheresse et à la famine.
© CICR
Logo_EIJAAL’espace du CICR est réalisé par l’ Entreprise d’Insertion des Jeunes et Adultes de l’Ain (14 rue Gagarine 01100 Oyonnax)

Comité International de la Croix Rouge

Voici ce qui, nous l’espérons, sera l’un des grands moments de ces 4ème Confrontations Photo : l’exposition « l’Humanité en guerre », présentée à Gex par le Comité International de la Croix Rouge.
Composé de centaines de milliers de documents, le fond photographique du CICR retrace l’histoire des grands conflits mondiaux depuis le milieu du XIXème siècle, au travers de l’action humanitaire du célèbre organisme. De cette manne, ont été extraites en 2009 plus de 200 images, la plupart d’auteurs anonymes, quelques-unes de grands noms du photojournalisme comme Nachtwey ou Salgado, afin de réaliser un livre rétrospective (1)
à l’occasion du 150ème anniversaire de la bataille de Solférino, qui détermina la création de la Croix Rouge.
C’est une sélection de 40 images grand-format (2), extraites de l’ouvrage, qui compose l’exposition présentée à Gex, de la plus ancienne datant de la guerre de Sécession américaine à la plus récente, prise au Sri-Lanka en 2007.
Un temps fort permettant de parcourir deux siècles d’Humanité troublée et pour les centaines d’enfants qui visiterons le festival, un moyen passionnant de découvrir une part de notre histoire grâce au Comité International de la Croix Rouge et à la photographie…

(1) « L’Humanité en guerre », édition Lieux Dits, en partenariat avec le CICR, Lyon 2009.
(2) L’exposition a été présentée pour la première fois en 2009 aux 21ème festival « Visa pour l’Image » de Perpignan puis à Paris avant une itinérance dans les grandes villes de France.

Guerre du Viet Nam, Viet Nam du Sud, 1975. Après la chute de Saïgon aux mains des forces nord-vietnamiennes, des militaires sud-vietnamiens et leurs familles cherchent désespérément à être évacués.© CICR

Saigon. Evacuation des militaires et de leurs familles.
Guerre du Viet Nam, Viet Nam du Sud, 1975.
Après la chute de Saïgon aux mains des forces nord-vietnamiennes, des militaires sud-vietnamiens et leurs familles cherchent désespérément à être évacués.
© CICR


Japon, 1952. Une femme lit la première lettre de son mari, resté prisonnier en Union soviétique après la fin de la Seconde Guerre mondiale. © CICR

Japon, 1952. Une femme lit la première lettre de son mari, resté prisonnier en Union soviétique après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
© CICR


Conflit israélo-arabe, Égypte, 1973. Des soldats égyptiens rapatrient le corps d’un camarade
sous la protection de la Croix-Rouge dans le no man’s land, région de Port-Fouad. 
© Max Vaterlaus/CICR

Conflit israélo-arabe, Égypte, 1973. Des soldats égyptiens rapatrient le corps d’un camarade sous la protection de la Croix-Rouge dans le no man’s land, région de Port-Fouad.
© Max Vaterlaus/CICR


Interview de Madame Fania Khan Mohammad, documentaliste photo du CICR – Genève

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Pourriez-vous nous présenter la photothèque du CICR (historique, fond, rôle, activités, projets, etc…)


Dès sa création, le CICR a compris l'importance de garder une trace et de documenter son action.
Nos photos originales ont suivi l'évolution de la photographie. De la plaque de verre au format numérique, en passant par l'argentique, notre collection est une petite fenêtre sur l'histoire de la photographie humanitaire.
La collection de la photothèque du CICR contient aujourd’hui plus de 780 000 images, dont un peu moins de 100'000 sont accessibles au public en format numérique. Elle couvre les activités du CICR dans les conflits à travers le monde des années 1850 à nos jours.
Le service de la photothèque a deux rôles distincts. Le premier, soutenir la communication publique du CICR, nous amène à collaborer à des projets de communication tel que des campagnes, exposition, publications etc. Le second, garder une trace des activités du CICR au travers de la photographie, nous demande l’expertise documentaire et archivistique propre à notre poste.
Le projet principal de la photothèque durant les années passées a été de construire un outil nous permettant de partager notre fonds exceptionnel avec le public. Ce projet a été mené à terme avec le lancement du portail «AV archives» https://avarchives.icrc.org/ en février 2016. Nous travaillons désormais à sa valorisation.


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Pourriez-vous nous présenter le projet « l’humanité en guerre » ?


Le projet "Humanité en guerre" est né de la volonté de la photothèque de mettre en valeur sa collection unique. Bien que connaissant notre fonds depuis plusieurs années pour le consulter quotidiennement, je n’avais jamais eu le temps de regarder chacune de nos images et me suis rendue compte de la richesse exceptionnelle de ce dernier. Comment passer au travers de 100'000 photos et en choisir 200 pour un livre ? Comment réduire ensuite le choix à 40 images pour une exposition ? Grâce à une collaboration étroite avec Marko Kokic, photographe au CICR et Jean Milligan, en charge de la production, un corpus d’images évidentes pour parler du CICR et de son action au travers des décennies a émergé.


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Quel est son objectif ?


Le but du corpus de photos choisi a été de parler de l’évolution de l’action du CICR en particulier et de l’action humanitaire en général, le monde dans lequel il doit évoluer, la diversification de ses activités. Nous avons également voulu mettre en avant l’Humain. Bénéficiaires, volontaires du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, personnel du CICR, cohabitant sur le terrain, forment ici la trame de nos images. Ce but est d’autant plus clair lorsque l’on regarde les images. Elles doivent parler d’elles-mêmes. Les légendes ne sont qu’une béquille accessoire permettant de se situer dans l’Histoire.


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De quoi se compose l’exposition ? (photos, auteurs, sujets, etc…)


L’exposition se compose de 40 images. Il s’agit d’un parcours de la plus ancienne photo de la collection (guerre de Sécession) à une magnifique image de personnes déplacées au Sri Lanka. CICR et conflits sont indissociables, mais nos images ne montrent pas de conflit, au profit de l’Humanité traversant la guerre. Beaucoup des images du CICR ont été prises par des anonymes ou des délégués, qui ont eu la chance de pouvoir témoigner par ce biais de la réalité du terrain. Cette exposition met en avant ces derniers au même plan que Frédéric Boissonnas, Lux Chessex, Anthony Teun Voeten ou encore James Nachtwey.


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A cette occasion pourriez-vous répondre à notre traditionnelle question : qu’évoque pour vous l’expression « Confrontations Photographique » ?


« Confrontation » évoque deux choses pour moi, la confrontation à quelque chose ou la confrontation d’idées. Au sein des « Confrontations photographiques » j’espère pouvoir y trouver ces deux aspects. L’échange avec les visiteurs sur les photos du CICR, leur vision qu’elle soit neutre, orientée, perplexe, permettra, je l’espère, une confrontation d’idée. En tant que visiteur de l’espace d’exposition, j’espère me confronter à des photos qui me permettront de faire cette même démarche auprès d’autres invités.