Zhen Shi

Zhen Shi

Copyright © 2016 Zhen Shi


Zhen Shi

Kwei Yih,
L’idée de frontières pour un être libre est presque incompréhensible, encore moins pour quelqu’un qui est né dans l’un des plus grands pays tels que la Chine. L’expérience résultant de cette recherche de temps et d’espace est la série de photographies Kwei Yih.
Kwei Yih, n’est pas que l’illustration d’un voyage, elle est plutôt une recherche introspective. La juxtaposition de photographies anciennes souligne la recherche de références et les grandes étendues visibles reflètent la question : « Qu’est-ce qui se cache derrière l’horizon ? »
Une expérience de ce genre nous envoie à une autre question : « Quel est le prix que je suis prêt à payer pour ma liberté ? »
Kwei Yih, nous permet l’évasion dans le monde de Zhen Shi, photographe chinoise. Grâce à ses propres expériences, elle nous donne la possibilité de réfléchir sur notre propre idée de la liberté et le prix que nous sommes prêts à payer pour cela.

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Les 10 questions Conf' à Zhen Shi

1Qu’aimeriez-vous nous dire pour vous présenter en quelques mots ?

Je suis née dans la ville natale de Confucius en 1989, et j’ai vécu pendant quelques années à Pékin et à Angers. J’ai ensuite commencé ma vie d’artiste après avoir terminé mes études à Paris, où je vis et travaille actuellement.
Je suis une photographe, écrivain et artiste visuelle.
Dans mon esprit, toutes les rencontres se créent dans la vie grâce à des probabilités incroyables, puis elles passent. Les souvenirs se fanent, et avec l’âge, plus vite encore qu’un papier photo. Toutefois, quand on pense qu’on peut les oublier, il y a toujours quelques fragments ou quelques mots isolés qui rappellent les habitudes subtiles de quelqu’un. Et voilà ce que je veux garder…

2Quel est votre parcours photographique ?

J’ai eu mon premier appareil photo à l’âge de dix ans. C’était un cadeau d’anniversaire de mon grand-père. Puis j’ai commencé à capturer des images partout dans ma vie, comme peut-être tous les enfants l’ont fait à cet âge. Je recherchais la magie de la chambre noire quand les images sortaient et pouvaient alors me parler.
Lorsque j’ai eu vingt ans, je suis tombée amoureuse de la littérature du 19e siècle, du théâtre de l’absurde, des films expérimentaux et de performance. Voilà pourquoi j’ai quitté le monde de la photo pour quelques années jusqu’à ce que je débute mes études de photographiques à Paris en 2010. C’est grâce à cette période que j’ai pu comprendre qui je suis et de quoi je voulais vraiment parler dans mes travaux.

3Pour vous qu’est-ce qu’une bonne photo ?

Pour moi, une belle œuvre d’art est une représentation de l’artiste lui-même. Ce ne peut être un jeu de cache-cache. Il en va de même pour la photo.

4Comment naissent vos photos (prises de vue, traitement, impressions) ?

Ce n’est pas une chose facile, car je travaille sur des projets à long terme sur la base de mes expérience personnelle. Il faut être honnête avec soi-même et avoir assez de courage de se séparer d’une part de son monde intérieur pour le montrer aux autres. Cependant, je grandis en même temps que mes projets : il est toujours intéressant de voir les changements issus du chemin par lequel on est passé et de retrouver quelques émotions communes à d’autres êtres humains.

5Qu’est ce qui les inspire ?

Les fragments dans notre mémoire. Par exemple des films qu’on a vus, des livres qu’on a lus, un morceau de spectacle qui nous a touché, les gens ou les endroits qui sont passés dans notre vie, le moment où l’on a vécu un coup de foudre : toutes ces jolies petites choses pourraient devenir une partie d’inspiration.

6Quels sont les photographes que vous admirez ?

Hiroshi Sugimoto, Masao Yamamoto, Sophie Calle, Michael Kenna etc…

7Quelle photo aimeriez-vous réaliser ?

Une photo née dans les bras de Rimbaud, avec la lumière traversée par la chambre de Virginia Woolf.

8Quels sont vos projets actuels ?

J’ai retrouvé un journal ancien par hasard l’année dernière au marché aux puces de Bruxelles. L’auteur est une femme qui s’appelle Laure Lorthioir-De Mot. Elle y a raconté des histoires simples mais très intéressantes au sujet des membres de sa famille et de leur époque, traversant quatre générations de 1872 au 1954, avec beaucoup de courriers, de photos etc.
Donc grâce à ce magnifique cadeau de Madame Laure, j’ai décidé de transmettre cette histoire sous la forme d’un livre d’artiste. Après avoir terminé cet ouvrage, je me suis de plus en plus intéressé à la suite de l’histoire, et à ce que devient la famille de Laure. La curiosité m’a donné le courage de commencer la recherche de ses arrières petits-enfants.
Un jour j’étais avec une amie à parler de toutes ces histoires quand nous sommes tombés, grâce à google, sur le site de la maison d’édition du livre de Christine, qui est l’arrière-petite-fille de Laure. J’ai téléphoné à son éditeur le lendemain, afin qu’il m’aide à entrer en contact avec elle. Donc maintenant nous sommes en train d’organiser une rencontre dans le but, peut-être de travailler ensemble sur le deuxième volume du livre.

9Qu’avez vous envie de nous montrer lors de la prochaine édition des Confrontations ?

Kwei Yih est un projet sur lequel j’ai commencé à travailler en 2012, qui est enracinée dans mon expérience personnelle. C’est une note documentaire à propos du long chemin d’où je suis venu. C’est aussi un travail sur la mémoire, l’imagination…

10Pour terminer, que vous évoque l’expression « confrontations photographiques » ?

The flow and the still stuck in such way when the time passes by.