Olivier Föllmi

Olivier Föllmi

Copyright © 2018 Veronique Girod-Föllmi


Olivier Föllmi

À l’instar des plus grands photographes voyageurs, Olivier Föllmi nous a régalé depuis des décennies de son regard humaniste à travers le monde et plus particulièrement l’Asie. Faisant très jeune la une des plus prestigieux magazines, Olivier n’a eu de cesse, depuis, de renouveler son regard emprunt d’une indéniable humilité sur les peuples rencontrés… Très connu pour ses portraits, il aborde aujourd’hui avec un même plaisir une photographie de mouvement, parfois plus abstraite, où les paysages marins, surprenantes pastelles, se confrontent aux reportages noir et blanc.
Pour cette 5ème édition des Confrontations Photo, Olivier nous fait cependant un immense cadeau : À l’occasion de la sortie française de son dernier livre : « My Himalaya » il souhaite offrir au public des Confrontations Photo ce qu’il nomme sa première et dernière rétrospective Himalayenne. Au programme de cet incontournable rendez-vous : un espace clos, fait de sons, d’images et de lumières, où une surprenante mise en scène permettra une véritable rencontre avec les habitants du toit du monde. Ce passage succédera à des paysages époustouflants en très grand format et, comme un nartex, fera la transition vers la plus intime des expositions…
Vous avez dit photographe voyageur ? Et si la définition de ce concept était aussi de faire voyager les visiteurs ?

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Copyright © 2018 Olivier Föllmi

Les 10 questions Conf' à Olivier Föllmi

1 Qu’aimeriez-vous nous dire pour vous présenter en quelques mots ?

Adolescent, enfant du pays, la montagne était mon terrain d’aventure et je souhaitais devenir guide de montagne. Mais lors de ma première ascension en Afghanistan à 18 ans, ma fascination pour ce monde hors de mes repères m’a orienté vers une vie nomade. Fasciné par les peuples tibétains, j’ai parcouru les vallées himalayennes durant 20 ans de villages en villages, m’imprégnant des valeurs bouddhistes. Puis durant 20 ans, j’ai parcouru le monde à la rencontre les hommes de la terre pour m’initier à d’autres vérités.

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Quel est votre parcours photographique ?

Comme tout photographe, j’ai commencé débutant avant de gravir lentement les marches. La photographie était au départ mon moyen de raconter mes aventures qui m’exaltaient. Puis par l’expérience, j’ai affiné ma technique et appris à mieux me connaître pour cerner mon regard et à mieux communiquer. A 30 ans, mon reportage sur les glaces du Fleuve gelé au Zanskar, primé au World Press Contest, m’a ouvert les portes du monde professionnel et permis de publier durant 10 ans mes images Himalayennes. A 40 ans, je me suis lancé dans un vaste projet autour du monde qui a duré 10 ans, me permettant d’aller au bout de mes rêves de photographe humaniste.

3Pour vous qu’est-ce qu’une bonne photo ?

Ma meilleure photo est celle qui me ravive l’émotion de ce que j’ai vécu, peu importe qu’elle soit belle ou non, elle appartient à mon jardin intérieur. Ensuite, une bonne photo est celle qui provoque une émotion aux autres, sans évoquer de vécu personnel. Une « bonne photo » communique.

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Comment naissent vos photos (prises de vue, traitement, impressions) ?


Je suis un photographe de terrain, j’aime me concentrer sur mes images dans l’instant présent. Je ne retravaille jamais mes photos en post traitement. Pour être crédible, le message de mes images ne doit pas être retravaillé. Je m’entoure souvent d’assistants car j’aime le travail en équipe qui favorise l’émulation de vivre des rencontres et des échanges.

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Qu’est ce qui les inspire ?

Un sourire, un regard, une rencontre heureuse, une lumière m’inspirent et me permettent de transcender ma perception de la réalité pour me relier à l’essence des êtres et au mystère de l’univers. Je recherche le sentiment divin de l’exaltation grâce à l’amour.

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Quels sont les photographes que vous admirez ?


Roland et Sabrina Michaud sont mes maîtres, ils ont influencé mon regard à 18 ans lorsque j’affichais chez moi leurs images d’Afghanistan. Nous partageons la même approche de l’humanité et du voyage, comme avec Steve Mac Curry ou Reza. Ensembles, nous évoquons toujours nos rencontres, notre approche des hommes, jamais nos photos.

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Quelle photo aimeriez-vous réaliser ?


Celle qui m’attend au fond de moi et que mon inconscient recèle. C’est en lâchant prise avec mon intellect que je réalise mes images les plus intenses car elles me relient à une dimension qui m’échappe. J’aime appréhender la photographie sans idée préconçue, laissant à la vie m’offrir ses cadeaux.

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Quels sont vos projets actuels ?

Je pars à Zanzibar pour tenter de réaliser une photo qui m’habite et me fait rêver. Elle dépendra de la chance. Peu importe si je la ramène ou non, elle me fait rêver, elle est donc déjà belle au fond de moi. Probablement vivrais-je d’autres images, imprévues, qui m’exalteront ? C’est l’inconnu qui m’émerveille, l’envie de communier me motive. J’ai aussi des projets d’écriture dans le prolongement de mes images.

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Qu’avez vous envie de nous montrer lors de la prochaine édition des Confrontations ?


Je souhaite partager l’émotion de ma vie himalayenne. C’est une tranche de ma vie qui a influencé ma vie d’adulte, mon regard, ma personnalité. Je souhaite aussi rendre hommage à ces peuples qui m’ont construit et dont je publie cette année la synthèse.

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Pour terminer, que vous évoque l’expression « confrontations photographiques » ?


Pour moi, confrontations signifie partage, échange, transmission. Mes images sont passeurs et permettent la rencontre avec le public pour se relier au-delà du visuel à une dimension spirituelle.