Philippe Ayral

Philippe Ayral

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Philippe Ayral

Né à la fin de la première moitié du XXe siècle à Toulouse, patrie de
Jean Dieuzaide. Après avoir quitté sa région natale, il voyage plusieurs années au Moyen-Orient et en Asie puis, au retour, s’installe en Haute-Savoie et travaille à Genève dans le monde de la photographie pendant quinze ans puis à temps partiel comme infographiste.
Photographe autodidacte, j’utilise principalement le grand format (5×7″ & 8×10″) pour mes travaux personnels depuis plus de vingt ans après avoir renoncé à tous travaux de commande. Le tirage par contact platine/palladium a débuté par le papier Palladio lorsque ce dernier était encore disponible. Depuis sa disparition je fabrique et couche ma propre émulsion sur des papiers artisanaux.
Membre de la galerie Focale depuis 1998.
J’ai découvert le tirage Platine-Palladium au début des années 1990 avec le dernier papier tout prêt fabriqué par « The Palladio Company, Inc » que j’avais commandé aux USA.
Juste le temps d’y prendre goût et lorsque j’ai voulu utiliser ce procédé pour effectuer les tirages de la série « Histoire de pierre », la fabrication avait cessé.
Les grandes compagnies comme Kodak ou Ilford avaient déjà cessé toute fabrication entre les deux guerres mondiales. Il a donc fallu apprendre à préparer soi-même l’émulsion, trouver les produits chimiques et tester les papiers actuellement chimiquement compatibles avec le procédé. La chose était d’autant plus difficile qu’à ce moment-là l’usage d’internet n’était en rien comparable à ce qu’il est de nos jours.

Le procédé n’est cependant pas récent puisque mis au point par William Willis, fils d’un célèbre graveur anglais qui déposa successivement trois brevets: patentes anglaises du 5 juin 1873, du 20 août 1878 et du 15 août 1880.
Le principe :
Les sels de platine et de palladium utilisés sont très peu sensibles à la lumière, il est donc nécessaire d’utiliser un réactif chimique plus photosensible. L’oxalate ferrique est le plus souvent utilisé. Exposé à la lumière UV, le sel de fer est réduit et produit une image faiblement visible formée d’oxalate ferreux qui a la propriété́ de décomposer les sels de Platine/Palladium, formant un précipité́ noir métallique dès la mise en contact d’un révélateur, l’oxalate de potassium, par exemple. La lumière n’agit donc pas directement sur les sels métalliques. Le développement transforme l’image formée en une image au Platine/Palladium. Ce tirage est un objet entièrement fait à la main. De la fabrication de l’émulsion à son couchage au pinceau sur un très beau papier le plus souvent de fabrication artisanale. Sa permanence est donc égale à celle de son support car le Platine et le Palladium sont des métaux inaltérables.
Le procédé́ comporte néanmoins une limitation. Il n’est pas possible de procéder à un tirage par agrandissement. Il faut soit réaliser la prise de vue en grand format, soit réaliser en laboratoire un négatif à la dimension de l’image finale.
Caractéristiques :
Extrêmement permanent. Grande gamme de gris avec des noirs profonds. Courbe de réponse différente du procédé́ argentique – tout ce qui est sur le négatif pourra être sur le tirage – permet des tirages très délicats Contrairement au papier argentique, l’image n’est pas posée à la surface du papier mais les particules de métal sont imbriquées dans ses fibres.
Les tirages ont une surface rigoureusement mate sans aucune réflexion, la texture du papier peut être plus ou moins présente selon le choix de ce dernier. La beauté du tirage est réalisée par le couple formulation de l’émulsion et choix des papiers utilisés qui sont généralement soit des papiers d’art 100% coton soit des « washi » japonais à base de fibres de kozo ou de gampi.